Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

05/01/2017

Une étude prouve que le régime méditerranéen permettrait de prévenir l’atrophie cérébrale

De nombreuses preuves démontrent les effets bénéfiques sur la santé d’un régime Méditéranéen. De nouvelles recherches suggèrent notamment que ce mode d’alimentation aiderait à préserver le volume cérébral auprès des personnes âgées.

Une nouvelle étude démontre qu’un régime Méditerranéen pourrait protéger le cerveau de certains dommages notamment parmi les personnes âgées.

De plus en plus d’études s’entendent à dire que les aliments de ce régime, qu’ils soient consommés de manière individuelle ou ensemble, peuvent exercer un effet bénéfique sur de nombreux aspects de la santé humaine, rappelle le docteur Manuel Hattinguais.

Le régime Méditerranéen « traditionnel » se compose de nombreux fruits et légumes, de céréales complètes, d’huile d’olive et d’une quantité modérée de poissons, produits laitiers et vin. La viande rouge y est également consommée mais de façon modérée également. Tous ces aliments, et leur quantité, sont connus pour améliorer l’état du système cardio-vasculaire.

Des recherches obtenues à l’issue d’étude de cas ont ainsi montré que ce régime tendait à réduire le risque de diabète 2 et d’obésité, favoriser la perte de poids et contribuer à prévenir les maladies cardiovasculaires.

D’autres études ont suggéré que ce mode alimentaire aidait à garder une santé aussi bien physique que mentale chez les séniors et pouvait réduire le risque de mort prématurée.

Une nouvelle recherche publiée dans le magazine Neurology se penche en particulier sur les bénéfices du régime Méditerranéen sur la santé cérébrale des personnes âgées.

 

Etude du lien entre mode d’alimentation et volume cérébral des personnes âgées

Des chercheurs de l’Université d’Édimbourg en Écosse ont étudié les effets du régime Méditerranéen sur la taille totale du cerveau, le volume de matière grise et l’épaisseur du cortex.

L’auteur de l’étude explique qu’avec l’âge, le cerveau humain rétrécit et de plus en plus de cellules meurent. Ces deux phénomènes peuvent entraîner des troubles de l’apprentissage et de la mémoire.

L’étude a suivi pendant 3 ans 967 individus âgés entre 73 et 76 ans, résidant en Écosse et non atteints de problèmes de démence.

On a demandé aux 967 participants de remplir des questionnaires sur l’alimentation à l’âge de 70 ans soit 3 ans avant de prélever des informations sur leur volume cérébral.

Puis, 562 de ces individus ont subi une IRM à l’âge de 73 ans, afin de mesurer le volume total de leur cerveau, le volume de leur matière grise et l’épaisseur de leur cortex. Parmi ceux-ci, 401 individus ont subi un deuxième examen à l’âge de 76 ans.

Les habitudes alimentaires des individus ont été calculées via un questionnaire sur leur mode alimentaire usuel. Les données collectées sur leur cerveau ont été comparées avec leur adoption -ou non- du régime alimentaire Méditerranéen durant les 3 ans de l’étude.

Le régime Méditerranéen en lien direct avec 0,5 % du changement du volume cérébral total

Les scientifiques ont établi un lien entre adoption du régime Méditerranéen et volume cérébral,

Les participants qui n’ont pas suivi le régime de manière régulière sont plus susceptibles de développer une atrophie du cerveau après l’intervalle de 3 ans.

Plus exactement, le fait de peu suivre ce mode alimentaire mènerait à une réduction totale de 0,5 % du volume total du cerveau, contrairement à ceux ayant suivi le régime correctement.

Une baisse de 0,5 % du volume cérébral représente la moitié de ce qui est considéré comme la réduction normale du cerveau due à la prise d’âge.

Les chercheurs ont ajusté leurs recherches avec des variables pouvant influencer les changements de volume du cerveau comme l’âge, l’éducation et les conditions de santé comme le diabète ou l’hypertension.

L’étude n’a trouvé aucun lien de cause à effet entre le régime et le volume de matière grise ou l’épaisseur du cortex.

Contrairement à des études antérieures, cette recherche n’a trouvé aucun lien entre la consommation de viande et de poisson et les changements du volume du cerveau. Ce qui signifie que d’autres composantes individuelles du régime pourraient être responsables de ce lien.

 

Cette étude a par ailleurs, contrairement à ses prédécesseurs mesuré le cerveau sur plusieurs périodes, là où les anciennes ne mesuraient le cerveau qu’à un moment donné.

 

Source en anglais sur medicalnewstoday

Manuel Hattinguais

02/01/2017

Objets connectés et applications de santé : quelle efficacité ?

 Emission « votre santé m’intéresse » par Alain Ducardonnet, sur BFM Business http://bfmbusiness.bfmtv.com/mediaplayer/video/e-sante-le...

 sante,connectee,manuel hattinguais,docteur,rencontre

 Alain Ducardonnet : « -Et nous parlons e-santé, la santé n’échappe pas aux objets connectés et aux applications, vous savez le nombre de pas dans une journée, les balances connectées, la qualité du sommeil et bien bon nombre d’informations qui peuvent d’ailleurs être utiles dans le domaine de la prévention ou le suivi des maladies chroniques. Mais ces matériels sont-ils validés, sont-ils contrôlés ? Ces objets connectés sont-ils une mode ? Des experts de l’INSERM ont voulu savoir et se sont penchés sur leur évaluation. Des études coordonnées par notre invité, docteur Guy Fagherrazzi, vous êtes épidémiologiste donc vous travaillez dans le centre de recherche épidémiologie et santé des populations et vous êtes dans une unité INSERM à Villejuif. L’INSERM a récemment organisé un grand congrès international, e-Health research, pour justement essayer de cerner un peu ces paramètres. Premier élément : c’est quoi l’e-santé ? Est-ce qu’on peut le définir ?

Docteur Fagherazzi : Bien sûr. Alors l’e-santé, c’est tout ce qui regroupe l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication, les TIC, à des fins de santé. Effectivement, vous l’avez souligné, cela peut être utilisé pour de la prévention mais aussi pour du suivi des maladies et par exemple un retour de personnes après une hospitalisation à la maison. On a tout le champ de la santé où les nouvelles technologies peuvent intervenir.

Alain Ducardonnet : quels sont les objets connectés qui sont le plus utilisés à l’heure actuelle ?

Docteur GF : Quand on parle d’objet connecté on parle classiquement de balance connectée pour suivre son poids avec une application sur son smartphone. Il y a aussi des tensiomètres, des bracelets connectés ou des montres connectées, tout cela c’est la e-santé

AD : Alors quand on dit «connecté » ça veut dire qu’en fait un paramètre est récupéré et stocké

GF : L’avantage de ces objets connectés c’est de pouvoir collecter de l’information en continu et de manière passive, par exemple pour les montres connectées et de manière continue on va avoir l’information sur le nombre de pas, la distance parcourue ou bien des informations sur le sommeil.

AD : Alors tous ces matériels que vous connaissez bien, que vous utilisez très probablement, ne serait-ce que votre smartphone en effet, est ce que tout est validé et contrôlé ? Est-ce que c’est les mêmes protocoles pour tous les matériels qui sont en vente ?

Docteur GF : Alors il faut dissocier deux choses : tout ce qui concerne le bien-être comme les applications, les montres ou les bracelets connectés, ça c’est du domaine du bien-être et c’est beaucoup moins contrôlé que ce qu’on appelle les dispositifs médicaux. Là il y a une vraie réglementation européenne. Donc il faut distinguer les deux.

AD : Alors justement pour les objets de bien-être comme vous dîtes, il y a un marquage CE, il y a une labélisation ?

GF : Alors il peut y en avoir mais ça n’est pas nécessaire              , par contre ce qui est très important pour nous en tant que scientifiques, c’est d’intégrer ces objets connectés et les valider dans nos populations. En tant qu’épidémiologistes nous on a besoin d’avoir des études de référence sur la capacité de prédiction, la validité des données de ces objets connectés. C’est pour ça qu’on essaie de les valider systématiquement dans nos études.

AD : Alors justement vous parlez de population, cela s’adresse à qui en fait ?

GF : Alors moi par exemple je m’occupe d’une étude qui s’appelle E4N et on suit des familles, trois générations de familles sur de nombreuses années. Et donc on va identifier grâce à ces études de population des facteurs de risques de pathologies chroniques, des comportements à risque. Voià pourquoi l’utilisation des objets connectés va être un vrai atout pour nous.

AD : Donc ça c’est plutôt pour de la recherche, mais est ce qu’on peut considérer quand on compte par exemple son nombre de pas tous les jours, ça aussi c’est une démarche santé, c’est une démarche bien être ou c’est une démarche peut-être médicale ?

Docteur GF : Alors ça peut avoir des bienfaits pour la santé des gens effectivement et on se place là dans le cadre de prévention primaire pour des gens qui ont pas de pathologie particulière et qui veulent suivre ou bien changer leur mode de vie, leur comportement, pour diminuer le risque par exemple d’avoir un diabète dans les années à venir.

AD : Est-ce qu’en fin de compte vous l’avez vraiment gardé ? Est-ce que c’est un effet de mode en quelque sorte ? Est-ce qu’on a déjà un petit peu une idée de ce qui se passe ?

GF : Alors c’est pour ça que nous on va commencer ces études sur les objets connectés parce qu’il faut faire très attention à l’effet gadget. Et c’est une vraie question pour nous, parce qu’en tant qu’épidémiologiste, on veut recueillir le maximum de données sur la plus longue période possible. C’est pour ça qu’on va faire des études de validation, on va essayer d’identifier un peu les bons et les mauvais utilisateurs d’objets connectés, essayer de dresser des « cartes d’identité » en quelque sorte, des bons utilisateurs, pour savoir dans quel contexte, et ça c’est très important pour nous, on peut utiliser tel ou tel objet connecté.

AD : Alors quand on parle objet connecté il y a aussi bien sûr une question qui se pose tout de suite c’est que l’on a beaucoup d’informations mais j’imagine que si vous collectez toutes ces informations, comment est ce qu’on gère les données ? Alors on parle de Big Data, c’est très élégant. Quelles sont les règles aujourd’hui pour gérer toutes ces données ?

GF : Alors ce qui est déjà très important c’est la sécurité des données. Nous on garantit la sécurité des données qui sont collectées qui nous arrivent de tous les moyens : objets connectés, questionnaires, informations des dossiers médicaux…donc ça c’est la première chose. Ensuite, c’est la pertinence des données. Le Big Data c’est un gros volume de données, mais un gros volume ne veut pas dire que toute l’information est pertinente. Donc là le gros travail des années à venir c’est de pouvoir identifier et extraire l’information pertinente de ces gros volumes de données pour en faire des messages de santé publique, pour en faire de l’épidémiologie, identifier des facteurs de risque ou des comportements à risque.

AD : Donc vous voulez dire que non seulement on va avoir des données collectées par vous mais vous allez renvoyer l’information ?

Docteur GF : On parle aujourd’hui de médecine participative ; la personne va être au cœur de la recherche et ça c’est un vrai changement par rapport à l’épidémiologie traditionnelle, c’est qu’on va pouvoir grâce aux nouvelles technologies faire un retour d’information quasiment instantané pour aider les personnes à adapter ou à modifier leur comportement vers une meilleure santé.

AD : Voilà vous vous en servez, vous voyez, ces données vont servir à quelque chose. Guy Fagherazzi, merci beaucoup

26/12/2016

Sommeil : comprendre les rêves

Qu’est ce qu’un rêve ?

Un rêve est avant tout une forme de conscience qui est particulière qui est propre au sommeil et qui est générée par le cerveau sans influence externe puisque pendant le sommeil on est déconnecté du monde extérieur, rappelle le docteur Manuel Hattinguais.

Purple_dream_at_Masai_Mara.jpg

Qu’est ce qui se passe dans notre cerveau pendant que l’on rêve ?

Au cours du sommeil, on traverse différents stades. Typiquement au début du sommeil on est dans un sommeil léger qui devient de plus en plus profond avec le temps et quand on a du sommeil profond il y a beaucoup d’ondes lentes qu’on enregistre à la surface du cerveau et ensuite on a typiquement une courte phase de sommeil qu’on appelle sommeil paradoxal. Pourquoi ? Parce que l’activité cérébrale dans ce stade est très rapide comme dans l’éveil, et quand on a fait cette séquence, on parle d’un cycle du sommeil qui se répète 4 à 5 fois au cours d’une nuit.

Quand on réveille quelqu’un qui se trouve en sommeil profond, quand il y a beaucoup d’ondes lentes, typiquement cette personne ne va pas rapporter de rêve, va rapporter sortir un peu comme d’un coma ou d’une anesthésie générale. C’est typiquement là qu’on est inconscient par contre en sommeil rem, lorsque l’activité cérébrale est très rapide, on a des rêves. 80% des personnes rapportent des rêves qui sont généralement longs, qui ont une histoire et qui aussi très souvent bizarres.

A quoi servent ces rêves ?

On ne sait pas exactement. Pour l’instant il y a des théories et même des théories qui soutiennent que le rêve ne sert à rien, qu’il s’agit simplement d’un épiphénomène qui accompagne le sommeil paradoxal et qui résulte d’activations cérébrales presque aléatoires qui sont ensuite synthéthisées et interprétées par le rêveur. Après il y a des théories qui pensent que le rêve joue un rôle dans l’apprentissage. Quand on rêve on est souvent exposé à des situations dangereuses où on doit faire face à un danger. Quand on rêve, cela nous permet de nous entraîner à faire face à ces dangers de manière relativement sûre comme un peu dans une réalité virtuelle ou un jeu vidéo.

Est-ce qu’il y a encore d’autres théories à propos de l’utilité des rêves ?

Oui, alors de plus en plus de théories pensent que le rêve a un rôle dans la régulation des émotions et soutiennent notamment que grâce au rêve ou au sommeil paradoxal, on arrive mieux à se souvenir du contenu du rêve mais à le dissocier de la charge émotionnelle. Par exemple si on a eu un rêve ou vécu un événement très négatif avec beaucoup d’angoisse et de stress associé, après avoir rêvé on se rappellera de cet événement, donc du contenu de cet évènement mais on ressentira pas exactement la même émotion, le même degré d’émotion quand on se rappelle uniquement de cet événement.

Et puis il y a encore de la psychanalyse bien évidemment qui considère que le rêve est une manifestation de l’inconscient, inconscient qui influence nos actions, notre vie de tous les jours et grâce à l’étude du rêve on arrive à mieux s’approcher de l’inconscient et à parvenir à une meilleure connaissance de soi.

Source : http://www.rts.ch/decouverte/sante-et-medecine/corps-huma...