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27/03/2017

Sidaction : Rencontre avec le docteur Gérald Kierzek

Vendredi a commencé le 23ème Sidaction. Dîtes nous d’abord, Gérald, où en est-on de l’épidémie de Sida en France ?

Docteur Gérald Kierzek : deux chiffres : 150 000 personnes vivent avec le VIH mais on a encore 6000 découvertes par an de séropositivité et puis il y a surtout des enquêtes et des idées reçues qui sont assez inquiétantes. Dans les derniers sondages, 22% des français pensent qu’on peut attraper le virus du SIDA, le VIH, avec des rapports protégés. C’est pire chez les 15-24 ans avec 27% qui ont cette idée fausse. 15% pensent qu’on peut l’attraper en étant en contact avec la transpiration ou en embrassant une personne donc il y a encore un peu de chemin à faire pour casser ces idées reçues sur l’épidémie.

Gérald, quelles ont été les progrès ces dernières années ?

Docteur GK : Il y en a eu des progrès, il y a eu de nombreuses victoires. Alors c’est pas parce qu’il y a de nombreuses victoires que le combat est terminé. Il est loin d’être terminé ce combat, même s’il y a eu des efforts et des progrès thérapeutiques en matière de trithérapie notamment. Les trithérapies sont plus efficaces, sont mieux acceptées, mieux tolérées et elles permettent de vivre j’allais dire avec le VIH de manière chronique. Et puis la recherche, c’est aussi la recherche pour éradiquer ce virus et notamment le vaccin préventif n’est pas encore et il y a beaucoup d’équipes notamment françaises qui sont en pointe. Et puis il y a eu des efforts et des vraies victoires sur les stratégies des dépistages notamment ces tests d’auto dépistage qu’on peut trouver et il est important de rappeler quand même que 30 000 personnes ignorent leur séropositive, c’est ce réservoir de personne qu’il faut aller engager à vivement se tester.

Gérald, quels sont les conseils à rappeler car ni vaccin ni traitement préventif n’existe ?

Docteur GK : Et c’est important de le rappeler, on ne peut pas éradiquer complètement le VIH. Allez trois conseils. Premièrement, on va utiliser le préservatif, ça reste le seul moyen de se prémunir du SIDA, et des autres infections transmissibles. Deuxièmement, on va se faire dépister, et ça c’est important parce qu’il y a plein d’endroits, des associations, des centres de dépistage anonymes et gratuits et même les pharmacies avec ces tests d’auto dépistage. Et puis troisièmement, j’aimerais rappeler que le traitement préexposition, le fameux Prep avec ce médicament qui a été dit miraculeux – et c’est vrai qu’il a fait des miracles ce médicament – mais ce n’est pas une protection à 100%, donc y a pas de médicament qui permettrait de protéger à 100% , sauf le préservatif.

Un rappel, un numéro le 110 pour faire des dons pour cette nouvelle campagne du Sidaction

Source :


23e Sidaction : où en est la recherche ? par Europe1fr

23/03/2017

A quoi sert l’appendice

C’est vrai que tous les patients qui ont un jour été opérés de l’appendicite le savent : on peut très bien vivre sans appendice, heureusement. On peut donc légitimement se demander à quoi sert ce petit bout d’organe, on va voir que dans notre organisme tout sert à quelque chose bien sûr.

Pour commencer il faut savoir ce que les médecins appellent scientifiquement l’appendice iléo-caecal. Et bien il prend naissance au carrefour entre l’intestin grêle et le côlon. L’appendice, cette petite poche, mesure entre 5 et 12 cm de long et a environ 5 mm de diamètre. On dit parfois que l’appendice est l’amygdale des intestins parce que cet appendice fabrique des lymphocytes, des globules blancs chargés de combattre les bactéries. Mais comme ce petit organe est très proche des nombreux germes bactériens qui peuplent le gros intestin, il arrive que ce système de défense soit débordé, c’est alors l’infection, la fameuse appendicite.

C’est une urgence médicale car si rien n’est fait, l’infection peut former un abcès qui risque à tout moment de se percer et d’infecter à son tour le péritoine qui est l’enveloppe qui entoure l’intestin ; on parle donc de péritonite. La seule solution c’est l’opération, l’appendisectomie , l’ablation de l’appendice, ça se fait maintenant souvent sous célioscopie, on va simplement passer quelques appareils dans quelques petits trous et là on enlève l’appendice qu’on a mis dans un petit sac pour éviter une éventuelle dissémination de germes.

Chaque année en France, moins de 100 000 personnes sont ainsi opérées à la suite d’une crise d’appendicite. Pour revenir à notre question, certaines théories affirment que l’appendice est un vestige de l’évolution qui pouvait jouer un rôle chez nos lointains ancêtres en favorisant la digestion des végétaux. Et figurez-vous que la plupart des mammifères en sont dépourvus, à l’exception des herbivores mais il y a quelques années, des chercheurs américains ont montré que l’appendice aurait en réalité une fonction puisqu’il serait une sorte de réservoir de la flore bactérienne. Un précieux écosystème qui regroupe des milliers de bactéries très utiles à sa digestion mais ses résultats sont contestés. Vous voyez donc que la question de cet organe si souvent opéré est loin d’être tranché.

14/03/2017

La sclérose en plaques, une recherche dynamique

La sclérose en plaques est une maladie neurologique du « jeune adulte » qui survient généralement autour de la trentaine.

sclérosenplaques.jpgLa sclérose en plaques affecte aujourd’hui 80 000 personnes en France. Cette maladie neurologique, dont l’évolution reste à ce jour imprévisible et complexe, demeure un défi pour la science. Cependant, les recherches menées ces 20 dernières années ont déjà porté leurs fruits, avec le développement de traitements efficaces, permettant si ce n’est d’endiguer la maladie, d’en ralentir la progression. Et les chercheurs sont loin d’avoir dit leur dernier mot…

La sclérose en plaques, une maladie du « jeune adulte »

La sclérose en plaques (SEP) est une maladie neurologique « du jeune adulte ». Contrairement à d’autres maladies neurologiques, qui surviennent à un âge relativement avancé (maladie d’Alzheimer, maladie de Parkinson), la SEP se manifeste généralement autour de la trentaine. Elle touche davantage les femmes que les hommes (environ deux femmes atteintes pour un homme).

A ce jour, la cause de la maladie reste inconnue. Plusieurs hypothèses sont avancées pour en expliquer l’origine. L’existence d’un terrain génétique favorable à l’émergence de la maladie, d’une part, des facteurs environnementaux tels que le tabac, l’obésité, un déficit en vitamine D ou encore des agents infectieux, d’autre part.

La myéline au cœur de la maladie

Dans la sclérose en plaques, le système immunitaire censé défendre l’organisme des agressions extérieures se met à « dérailler » et détruire des éléments naturellement présents dans l’organisme. En particulier, ce sont les lymphocytes, les cellules « patrouilleuses » du sang, qui vont s’activer de manière inappropriée puis traverser la barrière du cerveau (barrière hématoencéphalique), pour aller y déclencher un phénomène inflammatoire responsable de la destruction d’une substance bien précise : la myléine.

Or la myéline est un constituant essentiel du système nerveux. Elle forme une gaine protectrice autour des neurones et permet d’assurer une conduction rapide des messages nerveux. La destruction progressive de la myéline qui a lieu dans la sclérose en plaques est appelée « démyélinisation ». Dépourvus de myéline, les neurones ne fonctionnent plus correctement et l’ensemble du réseau neuronal auquel ils appartiennent s’en retrouve perturbé. A terme, la démyélinisation peut même entraîner la mort des neurones.

Des symptômes divers et variés

Les lésions ou « plaques de démyélinisation », peuvent être localisées dans des régions très diverses du système nerveux – que ce soit dans le cerveau ou la moelle épinière – ce qui explique la diversité des symptômes retrouvés dans la sclérose en plaques. Les symptômes et les signes physiques de la maladie sont très variables d’une personne à l’autre et au cours du temps chez une même personne. Il peut s’agir de troubles visuels, de fourmillements ou d’engourdissements des membres, de troubles de la marche, de troubles urinaires, de troubles de la concentration, de fatigue etc.

Plusieurs formes de sclérose en plaque

Il existe plusieurs formes de SEP correspondant à plusieurs formes d’évolution possibles. La plus fréquente, que l’on retrouve chez environ 85% des patients, est SEP dite « rémittente ». L’évolution se fait par poussées successives. Au cours d’une poussée, les symptômes apparaissent progressivement sur quelques jours, se maintiennent quelques jours, voire quelques semaines, puis s’améliorent spontanément, complètement ou non. Les poussées ont tendance à laisser plus de séquelles derrière elles au fur et à mesure de l’évolution de la maladie.

Mais les poussées ne sont pas la seule forme d’évolution possible de la SEP. Dans environ 15% des cas, la maladie évolue sous forme d’emblée progressive, sans aucune poussée. Il s’agit de la forme primaire progressive. Les symptômes, le plus souvent des difficultés à la marche, s’installent sur quelques mois, et des phases d’aggravation plus rapides alternent avec des phases de stabilité. Cette forme d’évolution progressive peut également survenir après une phase d’évolution par poussées : c’est la forme dite secondairement progressive.

A ce jour, l’évolution de la SEP reste imprévisible, et aucun élément de permet de prédire le handicap à long terme.

Les traitements

Il y a d’abord les traitements de fond de la SEP qui, pris sur le long cours, ont pour vocation d’agir sur l’évolution de la maladie en prévenant l’apparition de nouvelles poussées. Ces traitements ciblent principalement l’inflammation : il s’agit des immunomodulateurs, des immunosupresseurs et des anticorps monoclonaux. Jusqu’à présent, ces traitements étaient réservés aux formes évoluant par poussées, mais une molécule actuellement en développement s’avèrerait également efficace dans les formes primaires progressives, pour ralentir la progression du handicap. Une première pour les patients atteints de SEP primaire progressive, qui ne bénéficient pour l’instant d’aucun traitement de fond ? La recherche sur la SEP reste donc très active. De nouvelles cibles thérapeutiques sont en permanence identifiées et testées par les chercheurs, dans l’espoir d’élargir l’arsenal thérapeuthique disponible.

A côté de ces traitements, on trouve les traitements dits symptomatiques, médicamenteux ou non, qui permettent de soulager les symptômes de la SEP une fois qu’ils sont installés. Vient également s’ajouter le traitement des poussées qui consiste en de fortes doses de corticoïdes pour réduire la durée et l’intensité de l’attaque inflammatoire.

Mais si les traitements actuels permettent de ralentir la progression de la sclérose en plaques, ils ne sont en revanche pas capables d’inverser le mécanisme physiopathologique à l’origine de la maladie. Pour cela, il faudrait des traitements qui induisent la formation de nouvelle myéline, afin de remplacer celle détruite. De tels traitements font actuellement l’objet de recherches.

Source : Pause Santé, numéro 72