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10/02/2017

Pics de pollution, impacts sur la santé

L’absence de vent et le soleil empêchent la dispersion des particules fines, avec quelles conséquences pour la santé ?

Geyer : La qualité de l’air n’est pas seulement mauvaise, elle est carrément très médiocre. Mais qu’entend-on par une qualité de l’air médiocre, et bien nous allons en parler maintenant avec le docteur Pirson. On nous dit qu’il fait beau et que c’est mauvais de sortir, expliquez-nous pourquoi.

Docteur Pirson, pneumologue UCL : Alors il fait beau mais la qualité de l’air est effectivement médiocre

dans la mesure où l’air est chargé en petites particules qui sont extrêmement agressives pour les vo

ies respiratoires.

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Michel Geyer : Ces particules ne se dissipent pas à cause du manque de vent ? Dîtes nous tout de même qui doit se méfier particulièrement. Est-ce que tout le monde peut sortir ou certaines personnes doivent faire plus attention que d’autres à cause de ce pic de pollution?

Docteur Pirson : Certaines personnes doivent faire plus attention que d’autres en particulier les personnes souffrants de pathologies respiratoires donc essentiellement les asthmatiques, les patients qui souffrent de bronchites chroniques, les insuffisants respiratoires chroniques voire les petits enfants qui ont une fragilité bronchitique également.

Michel Geyer : Est-ce que si ces personnes doivent sortir, cela vaut la peine par exemple qu’elles mettent un masque ?

Docteur Pirson : Alors le problème c’est que les particules en cause sont extrêmement fines donc si vous mettez un masque performants, vous allez accentuer la gêne respiratoire par l’effet filtrant.

MG : Est-ce que des personnes qui se pensent en bonne santé pourraient découvrir qu’elles ont des problèmes respiratoires, est ce qu’on doit tous faire plus attention en fait ?

DP : On peut tous percevoir quelque chose d’anormal dans la mesure où on va se sentir un peu plus oppressé dans l’effort physique et en particulier les sportifs, ceux qui ont repris le jogging. Ils vont le percevoir dans leur effort plus intense, mais tout le monde peut le ressentir.

MG : Est-ce qu’il y a quelque chose que l’on doit faire immédiatement si on se sent oppressé comme vous le dîtes ?

DP : Alors si on se sent oppressé, la meilleure chose à faire c’est d’arrêter l’effort physique, de se reposer, de rentrer à la maison et de se tenir à carreaux pendant quelques jours. Il y a pas de mesures extrêmement urgentes qui vont soulager le patient.

MG : Et pour ceux qui roulent à vélo pour aller au travail, à l’école ou se déplacer ?

DP : Ils vont se sentir vraisemblablement plus oppressés que normalement parce qu’ils vont avoir les voies respiratoires plus enflammées mais ils produisent moins de particules diesels, ils se déplacent alors que les véhicules eux sont à l’arrêt. Donc probablement qu’ils auront un impact moindre. Ils peuvent prendre des voies alternatives qu’un véhicule motorisé ne sait pas nécessairement faire.

Source : vidéo Youtube pic de pollution Bruxelles

07/02/2017

Lutte contre le cancer : les objectifs de l’OMS

A l’occasion de la Journée Mondiale contre le Cancer le 4 février dernier, l’Organisation Mondiale de la Santé a fixé à ses États Membres deux objectifs majeurs : écourter les délais des diagnostics et faciliter les accès aux traitements.

En effet, on recense chaque année presque 9 millions de décès dus au cancer. Ils surviennent en majorité dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires. L’OMS a à ce sujet déclaré que l’un des problèmes dans la prise en charge de la maladie était un diagnostic trop tardif, et ce, même dans les pays les plus avancés, ce qui rend le cancer plus difficile à guérir.

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Un traitement plus rapide

Le docteur Etienne Krug, directeur du département prise en charge des maladies non transmissibles, handicap, prévention de la violence et du traumatisme, auprès de l’OMS affirme quant à lui que ce sont le diagnostic tardif du cancer et l’incapacité à proposer un traitement qui contribuent à autant de souffrance et de décès chaque année. Il ajoute aussi que prendre les mesures nécessaires pour suivre les nouvelles orientations de l’OMS permettait aux planificateurs de soins de santé d’améliorer le diagnostic précoce du cancer et assurer un traitement rapide, en particulier pour les affections du sein, du colon et du col de l’utérus.

Soulagement de la douleur

Le nouveau guide de l’Organisation Mondiale de la Santé pour le diagnostic précoce du cancer indique plusieurs mesures pour atteindre les objectifs précédemment mentionnés. Ces trois grandes mesures sont :

  • Une meilleure sensibilisation du grand public aux différents symptômes du cancer et une vive incitation auprès des individus à venir consulter en cas d’un de ces symptômes.
  • Un investissement dans le renforcement, l’équipement et la formation pour pouvoir poser un diagnostic précis et à temps.
  • Une garantie à ce que les individus souffrant d’un cancer aient accès à des traitements sûrs et efficaces, y compris pour lutter contre la douleur, sans se heurter à des difficultés financières ou personnelles dans leur quête de traitements.

01/02/2017

La maladie de Parkinson

cerveau, manuel hattinguais, parkinson

La maladie de Parkinson a été décrite officiellement en 1817 par James Parkinson qui était un médecin londonien et qui a décrit d’ailleurs quasiment l’ensemble des signes de la maladie dès la première description. Mais il faut savoir qu’il y avait des descriptions de la maladie qui remontent à l’Antiquité donc on pense qu’elle est en effet présente depuis très longtemps. La maladie est, au même titre que la maladie d’Alzheimer une maladie neurodégénérative, mais dont les symptômes sont très différents.

Si l’on prend les caractéristiques classiques de la maladie de Parkinson, on considère et à juste titre que c’est une maladie du mouvement et celle-ci est caractérisée par une triade, par trois signes :

-le tremblement qui est le signe le plus connu mais qui n’est peut-être pas le plus gênant, le plus invalidant pour les patients

-une difficulté à effectuer des gestes alternatifs rapides, par exemple une difficulté à se brosser les dents, à battre une omelette…pour les gestes de la vie quotidienne

-une raideur musculaire que l’on appelle une hypertonie

On sait depuis relativement longtemps que l’ensemble de ces signes moteurs, cette triade est liée à une perte des neurones de la substance noire. Cette dernière est une toute petite structure qui d’ailleurs est difficilement visible sur certains examens radiologiques même sur les IRM on la voit mais elle n’est pas très grosse. Elle est située dans la partie haute du tronc cérébral que l’on appelle le mésencéphale. On l’appelle substance noire car elle contient des neurones qui sont mélanisés c’est-à-dire qui ont finalement un peu la même teinte que nos grains de beauté parce qu’ils contiennent de la dopamine. C’est la principale réserve à dopamine du système nerveux central.

On considère en effet que 90% des neurones à dopamine sont présents dans cette substance noire. Donc c’est très concentré, et le processus neurodégénératif dans la maladie de Parkinson touche préférentiellement cette substance noire. La perte en dopamine qui est engendrée est à l’origine des signes moteurs classiques de la maladie.

Il y a un deuxième aspect de la maladie que l’on peut aussi retrouver c’est qu’il y a ce qu’on appelle une petite marque de fabrique, un petit tampon qui est la présence de petites inclusions que l’on appelle inclusion intra neuronales au sein des neurones et qui portent un nom, qui s’appellent les corps de Lewy.

Pour porter un diagnostic des maladies de Parkinson, chez un patient décédé , sur une autopsie, il faut qu’il y ait non seulement la perte des neurones de la substance noire donc la perte des neurones à dopamine mais aussi la présence de ces petites inclusions que l’on appelle les corps de Lewy qui sont présentes dans les neurones survivants.

C’est la caractéristique classique de la maladie de Parkinson : cette perte des neurones à dopamine explique qu’un traitement classique par lévodopa corrige une grande partie des symptômes de la maladie de Parkinson. Encore une fois, cela est la vue traditionnelle et qui était communément acquise, acceptée il y a 20 ou 30 ans.  Les choses ont un tout petit peu changé, ces dernières années. On pense que la maladie est quand même plus complexe qu’une simple maladie du mouvement de la substance noire. Ce qui a été bien montré ces 20 dernières années, c’est que d’autres structures neuronales étaient touchées que la substance noire, dans le cerveau, mais aussi en dehors du cerveau dans ce que l’on appelle le système nerveux périphérique. Pour citer quelques exemples, on sait très bien que les voies olfactives sont touchées chez les patients Parkinsoniens et que d’autres petites structures dans le tronc cérébral qui sont importantes pour la statique et pour l’équilibre comme le noyau pédiculopontin sont affectées par la pathologie de Lewy. Il a été montré plus récemment que les systèmes nerveux périphériques, en particulier les neurones du tube digestif, certains neurones impliqués dans la sécrétion des glandes salivaires étaient eux aussi touchés chez la quasi-totalité des patients Parkinsoniens.

Cette atteinte générale de la maladie, qui va au-delà de la substance noire, est probablement à l’origine de certains signes cliniques de la maladie qui vont au-delà du mouvement et que l’on appelle signes non moteurs. Par exemple on pense que les lésions des voies olfactives sont responsables de la perte d’odorat qui est fréquemment retrouvée chez les patients Parkinsoniens quelque fois même avant l’apparition des signes moteurs. De la même façon, l’atteinte des neurones du tube digestif serait à l’origine des troubles digestifs qui sont fréquents et invalidants chez les patients Parkinsoniens et que l’on retrouve dans quasiment 60 ou 70% des cas.

Il y a cette vue maintenant de la maladie de Parkinson comme une maladie très générale et qui va encore une fois au-delà du simple côté mouvement avec une affection que l’on peut considérer comme étant générale ou systémique.

Source : thinkovery