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28/08/2017

Probiotiques : des amis qui nous veulent du bien

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100 000 milliards de bactéries peuplent nos intestins ! Parmi elles, les probiotiques qui ont pour but d’améliorer notre équilibre intestinal, mais pas seulement…zoom par le docteur Manuel Hattinguais.

Qu’est ce qu’un probiotique ?

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture définissent les probiotiques comme des micro-organismes (bactéries, levures), vivant qui, apportés en quantité appropriée, vont exercer des effets bénéfiques sur la santé. Mais attention, les résultats obtenus pour une souche de bactéries précise ne sont pas transposables à une autre souche. Les effets bénéfiques sont donc bien liés à des souches spécifiques qui doivent être de bonne qualité et à une quantité suffisante pour qu’une population atteigne les intestins. Ces micro-organismes ont l’avantage de ne pas avoir d’effet secondaire, et il n’existe pas de risque de surdosage, indique le docteur Manuel Hattinguais.

Résistants à l’acidité de la digestion

Les sucs gastriques et biliaires présents lors de la digestion peuvent attaquer les probiotiques, rappelle Manuel Hattinguais. C’est pour cette raison que les chercheurs sélectionnent désormais les souches de bactéries les plus résistantes, ce sont les probiotiques dits de haute qualité.

A quoi servent-ils ?

Certains probiotiques ont démontré leurs effets dans des essais cliniques rigoureux. Cela signifie donc que les effets sont scientifiquement prouvés et qu’ils peuvent être utilisés dans un but thérapeutique précis. Les bénéfices démontrés des probiotiques concernent notamment :

  • Les diarrhées associées aux antibiotiques
  • Les gastroentérites virales
  • Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin
  • Le confort intestinal et les troubles du transit de la population générale
  • La digestion du lactose etc.

Dans tous les cas, les essais ont démontré l’efficacité de probiotiques spécifiques sur ces pathologies. Des études sont en cours pour prouver leurs effets sur de nombreuses autres maladies comme : le syndrome de l’intestin irritable, l’entérocolite du nourrisson, l’infection liée à l’helicobacter, la diarrhée du voyageur, la stimulation des défenses immunitaires, mais là rien n’est encore prouvé.

Des probiotiques dans nos aliments

On mange des probiotiques tous les jours ou presque : ils sont présents dans les produits laitiers fermentés, par exemple dans les yaourts. Savez-vous que lorsque vous les fabriquez à la maison, vous utilisez des bactéries capables de fermenter le lactose du lait, qui vont l’acidifier et empêcher les bactéries néfastes de se multiplier ? C’est une méthode de conservation, mais aussi une solution pour manger des probiotiques et donc enrichir sa flore intestinale par l’alimentation, assure le docteur Manuel Hattinguais. Les études démontrent des effets sur le transit et la stimulation des défenses. Elles sont prometteuses et doivent être poursuivies pour confirmer les résultats. Par ailleurs, d’autres aliments fermentés contiennent des probiotiques comme la choucroute mais aucun essai n’a montré un quelconque effet bénéfique pour l’instant.

Des probiotiques dans notre pharmacie

Mais les probiotiques peuvent être également présents dans les compléments alimentaires distribués en pharmacie. Dans ce cas, ils ont fait l’objet d’études scientifiques. A noter que même si certains probiotiques ne sont désormais plus remboursés, cela ne signifie pas qu’ils sont inefficaces ! Leur déremboursement est lié au fait qu’ils n’aident pas à la guérison mais améliorent plutôt la qualité et le confort de vie, qui ne sont pas des arguments retenus pour valider leur remboursement par les autorités. Les probiotiques peuvent être vendus dans des sachets ou des gélules ; vendus en pharmacie ou en parapharmacie. La plupart sont basés sur des bactéries lactiques. C’est dans cette catégorie de probiotiques qu’on retrouve la plus grande variété de produits sur le marché : contre les problèmes de transit, pour stimuler les défenses immunitaires, contre les mycoses vaginales etc. Là encore c’est la qualité de la souche et la quantité de probiotiques apportés qui seront garants de leurs effets.

Le probiotique le plus célèbre : bifidobacterium

Bifidobacterium est le genre de probiotique le plus connu, car le plus utilisé. Il est aussi le plus fréquemment retrouvé dans la microbiote des nouveau-nés allaités au lait maternel, ce qui lui donne une aura de santé. Les produits laitiers sont enrichis de ces probiotiques pour lesquelles certaines souches présentent une excellente survie à la digestion et ont des effets bien documentés.

Qu’est ce qu’un prébiotique ?

Les prébiotiques sont des molécules, produits dérivés généralement de la matière végétale, qui sont indigestibles : ils ne sont pas reconnus par les enzymes de la digestion et restent intacts jusqu’à l’intestin où ils sont pris en charge par le microbiote de l’intestin comme source d’énergie.

Des probiotiques pour tous !

Eh oui, les probiotiques sont bons pour tout le monde ! En fait, ils sont des micro-organismes qui apportent des effets bénéfiques. Ils sont d’ailleurs présents dans nos yaourts depuis des siècles ! Chez les personnes âgées notamment, les problèmes digestifs sont nombreux et les probiotiques plus que recommandés ! Chez les nourrissons, certaines pédiatres recommandent les probiotiques contre les coliques. D’ailleurs, c’est même une prescription automatique chez les nouveau-nés suédois !

Les probiotiques, médicaments du futur ?

« On se rend compte que des maladies très fréquentes dans notre société comme les allergies, les maladies inflammatoires métaboliques (diabète, obésité), dégénératives et neurologiques sont associées à une détérioration du microbiote intestinal normal dans sa composition et ses fonctions » explique Joël Doré, directeur de recherche INRA, directeur scientifique de l’unité MetaGenoPolis, Institut Micalus à Jouy-en-Josas. « L’idée des chercheurs est donc d’identifier le microbiote intestinal de personnes en bonne santé et notamment ce qui est perdu dans certaines maladies. Dans ce cas, il devient utile de vérifier si l’administration de ces bactéries à des malades permet de compenser les problèmes de ces pathologies. On est plus sur des médicaments avec des probiotiques nouvelle génération. Des souches ont été identifiées pour leurs intérêts au niveau intestinal, mais aussi plus globalement sur le fonctionnement du corps. Des industriels vont maintenant travailler pour produire ces souches à grande échelle afin de réaliser des essais cliniques. Dans l’absolu, les probiotiques pourraient être pris en traitement, mais aussi en prévention. »

17/08/2017

Hypertension artérielle

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Environ 25% de la population mondiale souffre d’hypertension ou d’une tension trop élevée, ce qui signifie qu’un membre de votre famille ou de votre entourage en souffre probablement, ou vous peut-être ? Commençons par la définition avec le docteur Manuel Hattinguais.

Définition et mesure de la pression artérielle

En général, elle est représentée par deux chiffres : le chiffre du haut correspond à la pression artérielle systolique qui équivaut à la pression artérielle lorsque le cœur se contracte et le chiffre du bas correspond à la pression artérielle diastolique qui équivaut à la pression artérielle lorsque le cœur se relâche ou se remplit (Manuel Hattinguais vous ayant d’ailleurs déjà proposé de découvrir systole et diastole dans un précédent article).

On mesure généralement la pression dans l’artère brachiale située dans votre bras et si la pression est élevée à ce niveau-là, alors elle est probablement élevée dans toutes les artères. Une tension systolique normale se situe entre 90 et 119 mmHg et la diastolique, entre 60 et 79 mmHg. La pré-hypertension, ou plus élevée que la normale, correspond à une pression systolique comprise entre 120 et 139 mmHg et à une pression diastolique comprise entre 80 et 89 mmHg.

Les différents stages de l’hypertension par Manuel Hattinguais

Stade 1 de l’hypertension : pression systolique entre 140 et 159 mmHg, pression diastolique entre 90 et 99 mmHg.

Stade 2 de l’hypertension : pression systolique entre 160 et 179 mmHg, pression diastolique entre 100 et 109 mmHg.

Stade 3 de l’hypertension : pression systolique de plus de 180 mmHg, pression diastolique de plus de 110 mmHg.

Généralement, la pression systolique et diastolique tendent à augmenter ou baisser ensemble, mais ce n’est pas toujours le cas. Vous pouvez quelquefois souffrir d’une hypertension systolique ou diastolique où l’un des chiffres est normal, et l’autre vraiment élevé. C’est ce qu’on appelle une hypertension systolique isolée ou une hypertension diastolique isolée.

Les dangers de l’hypertension

Souffrir d’une tension artérielle élevée est un problème sérieux pour les vaisseaux sanguins car cela provoque une usure des cellules endothéliales qui tapissent l’intérieur des vaisseaux sanguins. Comme un tuyau d’arrosage qui est toujours sous pression élevée, les vaisseaux sanguins peuvent développer à long terme une déchirure et une rupture pouvant conduire à de sérieux problèmes comme un infarctus du myocarde, un anévrisme ou un accident vasculaire cérébral (AVC).

Deux types d’hypertensions

Dans 90% des cas, l’hypertension se produit sans cause sous-jacente clairement identifiable, et c’est ce qu’on désigne comme hypertension primaire ou essentielle, indique Manuel Hattinguais. En d’autres termes, au fil du temps, la pression dans les artères commence à grimper. Des facteurs de risque important ont été identifiés pour l’hypertension primaire, notamment la vieillesse, l’obésité, l’alimentation riche en sel, un style de vie sédentaire. A l’exception de l’âge, tous ces facteurs peuvent être améliorés en modifiant le style de vie, et ces changements peuvent contribuer à réduire l’hypertension.

Dans 10% des cas, une maladie spécifique sous-jacente peut s’avérer être la cause de l’hypertension. C’est ce que l’on appelle l’hypertension secondaire. Par exemple, tout ce qui limite le flux sanguin dans les reins peut provoquer l’hypertension, notamment l’athérosclérose, la vasculite ou la dissection aortique pouvant affecter la circulation sanguine dans le rein. Les reins jouent en effet un rôle important dans la régulation de la pression artérielle. Lorsque le flux sanguin vers les reins est insuffisant, le rein sécrète la rénine, une hormone qui aide les reins à retenir d’avantage d’eau. Cette eau contribue à remplir les artères d’une manière excessive, ce qui provoque des tensions artérielles élevées. D’autres maladies peuvent aussi provoquer une hypertension secondaire, rappelle Manuel Hattinguais. En réalité, la liste est longue. La dysplasie fibromusculaire qui touche les jeunes femmes peut provoquer l’épaississement de la paroi des grosses et moyennes artères. Si l’artère rénale est aussi affectée et limite le flux sanguin vers les reins, cela déclenche davantage de rénine. Il y a également une tumeur qui produit un excès d’aldostérose, et tout comme la rénine, l’excès d’aldostérone conduit à une rétention des fluides.

Une autre manière de s’imaginer l’hypertension est de la classer en deux catégories : hypertension bénigne ou hypertension maligne, indique le docteur Manuel Hattinguais. L’hypertension bénigne correspond à une hypertension de stade 1 ou de stade 2, et généralement elle ne produit pas de symptômes immédiats. L’hypertension maligne est une hypertension très grave de stade 3, et doit être traitée en urgence car elle peut provoquer une augmentation de la pression intracrânienne et des lésions au niveau des organes.

10/08/2017

Toulouse : une piste prometteuse dans la lutte contre le diabète

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Le rôle de l’apeline

Une équipe médicinale toulousaine, AdipOlab vient de démontrer l’efficacité d’une protéine spécifique dans la lutte contre le diabète : l’apeline. Manuel Hattinguais vous rappelle que cette protéine est synthétisée et sécrétée par les cellules du tissu adipeux et directement en lien avec la régulation du glucose dans l’organisme. L’apeline permettrait en outre de sensibiliser davantage les cellules à l’insuline, indispensable pour réguler le sucre dans le sang.

Des résultats concluants sur l’Homme et la souris

L’équipe toulousaine AdipOlab constituée de l’Institut des maladies métaboliques et cardiovasculaires, de l’Inserm et de l’Université Toulouse III Paul-Sabatier avait démontré l’efficacité d’injections d’apeline pour améliorer l’état d’une souris obèse diabétique au cours de travaux publiés en 2008 dans la revue Cell Metabolism.

9 ans plus tard, en 2017, les tests s’avèrent concluants chez l’Homme également à la suite d’essais cliniques menés au CHU de Toulouse dans le service de diabétologie du docteur Gourdy, indique Manuel Hattinguais. Un premier patient avait reçu, en 2014, des injections d’apeline. Par ailleurs, 16 autres patients en surpoids mais non atteints de diabète avaient quant à eux reçu de l’insuline et de l’apeline en injection à des doses différentes.

Ainsi, le groupe ayant reçu la plus faible dose d’apeline a mieux assimilé le glucose circulant dans le sang. Par ailleurs, les cellules des patients récepteurs d’une dose plus importante ont vu leur sensibilité accrue à l’insuline. Autre constat encourageant : aucun effet secondaire n’a jusqu’alors été détecté. L’apeline a en effet pour particularité d’utiliser la capacité du corps à brûler de l’énergie par le muscle et non pas d’utiliser de substrats énergétiques par le foie.

D’autres essais cliniques sont en cours auprès de neuf patients diabétiques avec des résultats attendus pour la fin de l’année. Une apeline de synthèse sera par ailleurs bientôt mise au point par les industriels pharmaceutiques.