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28/07/2017

Comprendre l'appendicite avec Manuel Hattinguais

Le docteur Manuel Hattinguais vous propose de comprendre aujourd’hui ce qu’est l’appendicite, ses symptômes et quand il faut consulter.

Rappel sur l’appendice

Si vous avez mal au ventre, sans se demander si cela est ou non l’appendicite, la première des choses à faire est d’aller voir votre médecin traitant, rappelle le docteur Gérald Kierzk, urgentiste. L’appendicite, comme son nom l’indique, contient le suffixe « ite » et tout ce qui contient ce suffixe veut dire « inflammation ». Donc c’est l’inflammation de l’appendice (que nous avions déjà vue avec Manuel Hattinguais sur le présent site) qui est au bout de l’appareil digestif, en bas à droite dans l’abdomen. C’est l’appendix vermiformis, c’est comme ça que ça s’appelle. C’est le petit bout en bas qui dépasse du gros intestin et qui va gonfler, qui va s’infecter.

L’inflammation de l’appendice

L’appendice s’enflamme parce qu’il est dans une zone sorte de « cul-de-sac » dans lequel un certain nombre de choses vont s’accumuler et notamment des matières fécales, un peu de mucus, parfois du tissu lymphoïde qui va bloquer. Cela s’obstrue et se bouche, les matières fécales s’accumulent, les bactéries vont s’accumuler, coloniser et s’infecter, ce qui provoque cette inflammation et cette infection. C’est quelque chose qui arrive relativement fréquemment nous rappelle le docteur Manuel Hattinguais, plutôt entre 10 et 30 ans. Une personne sur 15 en est victime et on est dans une situation d’urgence parce que si on continue à gonfler l’appendice et bien on imagine au bout d’un moment qu’il peut éclater. C’est ce que l’on appelle la péritonite, une vraie urgence médico-chirurgicale.

Symptômes de l’appendicite : quand consulter ?

Très souvent, on a mal en bas à droite parce que c’est situé dans cette zone. Il y a même un point précis qui s’appelle le point de Mac Burney, entre le nombril et la crête iliaque. On trace une ligne virtuelle entre les deux et si l’on appuie deux tiers un tiers sur cette ligne-là on va avoir une douleur quand on appuie. Il y a d’autres signes qui doivent inquiéter : fièvre, vomissements. Dès que vous avez mal au ventre, que ça soit en bas à droite ou un peu plus vers le nombril (parfois il y a des localisations atypiques notamment chez les enfants ou chez la femme enceinte), de manière persistante de manière aigüe, il faut consulter en urgence et direction l’hôpital.

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La prise en charge hospitalière

Il y a trois choses qui vont être faîtes : la première chose c’est qu’on va vous examiner. On va vérifier qu’il n’y a pas un ventre chirurgical, qu’il n’y a pas une péritonite. On va regarder aussi si ça n’est pas une infection urinaire parce qu’on peut très bien avoir une infection urinaire accompagnée de brûlures lorsque l’on urine ; c’est une analyse d’urine qui va donner le résultat de l’examen.

La deuxième chose c’est que vous allez avoir une prise de sang, parce que qui dit appendicite dit infection, dit inflammation. Vous allez par conséquent avoir les globules blancs qui vont monter, la CRP qui va augmenter…bref, des signes d’infection et d’inflammation.

Enfin, le diagnostic absolu ça va être de faire de l’imagerie, échographie ou scanner qui vont nous donner des images et qui vont montrer si l’appendice est augmentée de volume ou pas. Cela a permis dans les années 80 de passer de moins de 90 000 opérations de l’appendicite pour 300 000 auparavant parce qu’on a maintenant un moyen précis de regarder avant d’ouvrir le ventre. Avant on opérait systématiquement en cas de suspicion pour éviter les complications.

Quand c’est confirmé, direction le bloc opératoire avec soit une intervention classique où, sous anesthésie générale on va faire une incision et aller couper l’appendice, soit sous cœlioscopie. Dans ce cas-là on fait trois petites incisions au niveau du nombril. Le chirurgien va rentrer une caméra et va avec des pinces faire le même geste mais l’hospitalisation est très courte et vous avez des cicatrices qui sont quasiment invisibles. De plus, pas mal d’études sont assez convergentes avec une méta-analyse qui montre que à un an, 63% des patients que l’on met sous antibiotiques n’ont pas besoin d’être opérés. Donc pour l’appendicite non compliquée (quand l’on n’est pas au stade de péritonite), il n’y a même pas besoin de mettre un chirurgien au bloc opératoire, parfois les antibiotiques suffisent (avec une surveillance etc) donc ce qui peut laisser présager que dans les années qui arrivent, il y aura de moins en moins de gestes chirurgicaux et qu’avec de bons diagnostics et de bons antibiotiques, les choses devraient pouvoir passer ainsi.

Petite précision par le docteur Manuel Hattinguais : quand vous arrivez à l’hôpital, venez à jeun (ne mangez pas, ne buvez pas).