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30/03/2017

Les perturbateurs endocriniens

 

Le docteur Manuel Hattinguais vous invite aujourd’hui à en apprendre plus sur les perturbateurs endocriniens, les risques qu’ils présentent et pourquoi ils sont aujourd’hui une préoccupation sanitaire majeure.

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Définition

On appelle perturbateur endocrinien un agent chimique pouvant interférer dans le système hormonal d’un organisme. Il convient de rappeler qu’une hormone est une molécule messagère créée par le sang via des glandes spécialisées et permettant de réguler l’action de certains organes ou tissus.

Ainsi, de très nombreux comportements de notre corps sont régulés via les hormones : croissance, satiété, sommeil, libido, rythme cardiaque, niveau d’insuline etc.

D’un point de vue biologique, les PE interviennent soit en limitant l’action d’une hormone naturelle, soit en se fixant sur les récepteurs de ces hormones naturelles, soit en entravant les processus de production ou de régulation des hormones ou récepteurs.

Où trouve-t-on des perturbateurs endocriniens ?

On trouve d’une part des substances perturbatrices volontaires telles que dans la pilule contraceptive. D’autre part, il existe des perturbateurs endocriniens dans d’autres substances dont l’action est involontaire, telles que le Bisphénol A présent dans beaucoup de produits de la vie courante (tickets thermiques, revêtements des boîtes de conserve). Autre exemple : les pesticides. En effet, certains d’entre eux contiennent ces perturbateurs, un sujet sanitaire qui ne cesse de faire polémique

Les matières imperméabilisantes sont elles aussi détentrices de perturbateurs endocriniens comme dans les textiles antitaches ainsi que certains emballages alimentaires à travers ce que l’on appelle « composés polybromés »

Enfin, certaines plantes génèrent à petite dose ces perturbateurs tels que le germe de luzerne, soja ou froment.

En bref, si l’eau et l’alimentation sont les deux sources d’exposition majeures, elles ne sont pas les seules car médicaments, produits de la vie courante ou cosmétiques peuvent également en détenir.

Un enjeu sanitaire majeur

Là où ces perturbateurs deviennent un enjeu sanitaire majeur, c’est que même à faible dose, ils peuvent endommager durablement différentes actions de l’organisme. Il faut également savoir, comme le rappelle Manuel Hattinguais, que nous sommes plus vulnérables à ces perturbateurs en période de développement biologique comme durant la puberté ou la gestation. Autre constat : les effets des perturbateurs endocriniens sont génétiquement transmissibles. Ainsi, une génération exposée à ces perturbateurs risquera d’engendrer une autre génération souffrant de maladies liées au système hormonal (exemple : problèmes de thyroïde)

27/03/2017

Sidaction : Rencontre avec le docteur Gérald Kierzek

Vendredi a commencé le 23ème Sidaction. Dîtes nous d’abord, Gérald, où en est-on de l’épidémie de Sida en France ?

Docteur Gérald Kierzek : deux chiffres : 150 000 personnes vivent avec le VIH mais on a encore 6000 découvertes par an de séropositivité et puis il y a surtout des enquêtes et des idées reçues qui sont assez inquiétantes. Dans les derniers sondages, 22% des français pensent qu’on peut attraper le virus du SIDA, le VIH, avec des rapports protégés. C’est pire chez les 15-24 ans avec 27% qui ont cette idée fausse. 15% pensent qu’on peut l’attraper en étant en contact avec la transpiration ou en embrassant une personne donc il y a encore un peu de chemin à faire pour casser ces idées reçues sur l’épidémie.

Gérald, quelles ont été les progrès ces dernières années ?

Docteur GK : Il y en a eu des progrès, il y a eu de nombreuses victoires. Alors c’est pas parce qu’il y a de nombreuses victoires que le combat est terminé. Il est loin d’être terminé ce combat, même s’il y a eu des efforts et des progrès thérapeutiques en matière de trithérapie notamment. Les trithérapies sont plus efficaces, sont mieux acceptées, mieux tolérées et elles permettent de vivre j’allais dire avec le VIH de manière chronique. Et puis la recherche, c’est aussi la recherche pour éradiquer ce virus et notamment le vaccin préventif n’est pas encore et il y a beaucoup d’équipes notamment françaises qui sont en pointe. Et puis il y a eu des efforts et des vraies victoires sur les stratégies des dépistages notamment ces tests d’auto dépistage qu’on peut trouver et il est important de rappeler quand même que 30 000 personnes ignorent leur séropositive, c’est ce réservoir de personne qu’il faut aller engager à vivement se tester.

Gérald, quels sont les conseils à rappeler car ni vaccin ni traitement préventif n’existe ?

Docteur GK : Et c’est important de le rappeler, on ne peut pas éradiquer complètement le VIH. Allez trois conseils. Premièrement, on va utiliser le préservatif, ça reste le seul moyen de se prémunir du SIDA, et des autres infections transmissibles. Deuxièmement, on va se faire dépister, et ça c’est important parce qu’il y a plein d’endroits, des associations, des centres de dépistage anonymes et gratuits et même les pharmacies avec ces tests d’auto dépistage. Et puis troisièmement, j’aimerais rappeler que le traitement préexposition, le fameux Prep avec ce médicament qui a été dit miraculeux – et c’est vrai qu’il a fait des miracles ce médicament – mais ce n’est pas une protection à 100%, donc y a pas de médicament qui permettrait de protéger à 100% , sauf le préservatif.

Un rappel, un numéro le 110 pour faire des dons pour cette nouvelle campagne du Sidaction

Source :


23e Sidaction : où en est la recherche ? par Europe1fr

23/03/2017

A quoi sert l’appendice

C’est vrai que tous les patients qui ont un jour été opérés de l’appendicite le savent : on peut très bien vivre sans appendice, heureusement. On peut donc légitimement se demander à quoi sert ce petit bout d’organe, on va voir que dans notre organisme tout sert à quelque chose bien sûr.

Pour commencer il faut savoir ce que les médecins appellent scientifiquement l’appendice iléo-caecal. Et bien il prend naissance au carrefour entre l’intestin grêle et le côlon. L’appendice, cette petite poche, mesure entre 5 et 12 cm de long et a environ 5 mm de diamètre. On dit parfois que l’appendice est l’amygdale des intestins parce que cet appendice fabrique des lymphocytes, des globules blancs chargés de combattre les bactéries. Mais comme ce petit organe est très proche des nombreux germes bactériens qui peuplent le gros intestin, il arrive que ce système de défense soit débordé, c’est alors l’infection, la fameuse appendicite.

C’est une urgence médicale car si rien n’est fait, l’infection peut former un abcès qui risque à tout moment de se percer et d’infecter à son tour le péritoine qui est l’enveloppe qui entoure l’intestin ; on parle donc de péritonite. La seule solution c’est l’opération, l’appendisectomie , l’ablation de l’appendice, ça se fait maintenant souvent sous célioscopie, on va simplement passer quelques appareils dans quelques petits trous et là on enlève l’appendice qu’on a mis dans un petit sac pour éviter une éventuelle dissémination de germes.

Chaque année en France, moins de 100 000 personnes sont ainsi opérées à la suite d’une crise d’appendicite. Pour revenir à notre question, certaines théories affirment que l’appendice est un vestige de l’évolution qui pouvait jouer un rôle chez nos lointains ancêtres en favorisant la digestion des végétaux. Et figurez-vous que la plupart des mammifères en sont dépourvus, à l’exception des herbivores mais il y a quelques années, des chercheurs américains ont montré que l’appendice aurait en réalité une fonction puisqu’il serait une sorte de réservoir de la flore bactérienne. Un précieux écosystème qui regroupe des milliers de bactéries très utiles à sa digestion mais ses résultats sont contestés. Vous voyez donc que la question de cet organe si souvent opéré est loin d’être tranché.