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14/03/2017

La sclérose en plaques, une recherche dynamique

La sclérose en plaques est une maladie neurologique du « jeune adulte » qui survient généralement autour de la trentaine.

sclérosenplaques.jpgLa sclérose en plaques affecte aujourd’hui 80 000 personnes en France. Cette maladie neurologique, dont l’évolution reste à ce jour imprévisible et complexe, demeure un défi pour la science. Cependant, les recherches menées ces 20 dernières années ont déjà porté leurs fruits, avec le développement de traitements efficaces, permettant si ce n’est d’endiguer la maladie, d’en ralentir la progression. Et les chercheurs sont loin d’avoir dit leur dernier mot…

La sclérose en plaques, une maladie du « jeune adulte »

La sclérose en plaques (SEP) est une maladie neurologique « du jeune adulte ». Contrairement à d’autres maladies neurologiques, qui surviennent à un âge relativement avancé (maladie d’Alzheimer, maladie de Parkinson), la SEP se manifeste généralement autour de la trentaine. Elle touche davantage les femmes que les hommes (environ deux femmes atteintes pour un homme).

A ce jour, la cause de la maladie reste inconnue. Plusieurs hypothèses sont avancées pour en expliquer l’origine. L’existence d’un terrain génétique favorable à l’émergence de la maladie, d’une part, des facteurs environnementaux tels que le tabac, l’obésité, un déficit en vitamine D ou encore des agents infectieux, d’autre part.

La myéline au cœur de la maladie

Dans la sclérose en plaques, le système immunitaire censé défendre l’organisme des agressions extérieures se met à « dérailler » et détruire des éléments naturellement présents dans l’organisme. En particulier, ce sont les lymphocytes, les cellules « patrouilleuses » du sang, qui vont s’activer de manière inappropriée puis traverser la barrière du cerveau (barrière hématoencéphalique), pour aller y déclencher un phénomène inflammatoire responsable de la destruction d’une substance bien précise : la myléine.

Or la myéline est un constituant essentiel du système nerveux. Elle forme une gaine protectrice autour des neurones et permet d’assurer une conduction rapide des messages nerveux. La destruction progressive de la myéline qui a lieu dans la sclérose en plaques est appelée « démyélinisation ». Dépourvus de myéline, les neurones ne fonctionnent plus correctement et l’ensemble du réseau neuronal auquel ils appartiennent s’en retrouve perturbé. A terme, la démyélinisation peut même entraîner la mort des neurones.

Des symptômes divers et variés

Les lésions ou « plaques de démyélinisation », peuvent être localisées dans des régions très diverses du système nerveux – que ce soit dans le cerveau ou la moelle épinière – ce qui explique la diversité des symptômes retrouvés dans la sclérose en plaques. Les symptômes et les signes physiques de la maladie sont très variables d’une personne à l’autre et au cours du temps chez une même personne. Il peut s’agir de troubles visuels, de fourmillements ou d’engourdissements des membres, de troubles de la marche, de troubles urinaires, de troubles de la concentration, de fatigue etc.

Plusieurs formes de sclérose en plaque

Il existe plusieurs formes de SEP correspondant à plusieurs formes d’évolution possibles. La plus fréquente, que l’on retrouve chez environ 85% des patients, est SEP dite « rémittente ». L’évolution se fait par poussées successives. Au cours d’une poussée, les symptômes apparaissent progressivement sur quelques jours, se maintiennent quelques jours, voire quelques semaines, puis s’améliorent spontanément, complètement ou non. Les poussées ont tendance à laisser plus de séquelles derrière elles au fur et à mesure de l’évolution de la maladie.

Mais les poussées ne sont pas la seule forme d’évolution possible de la SEP. Dans environ 15% des cas, la maladie évolue sous forme d’emblée progressive, sans aucune poussée. Il s’agit de la forme primaire progressive. Les symptômes, le plus souvent des difficultés à la marche, s’installent sur quelques mois, et des phases d’aggravation plus rapides alternent avec des phases de stabilité. Cette forme d’évolution progressive peut également survenir après une phase d’évolution par poussées : c’est la forme dite secondairement progressive.

A ce jour, l’évolution de la SEP reste imprévisible, et aucun élément de permet de prédire le handicap à long terme.

Les traitements

Il y a d’abord les traitements de fond de la SEP qui, pris sur le long cours, ont pour vocation d’agir sur l’évolution de la maladie en prévenant l’apparition de nouvelles poussées. Ces traitements ciblent principalement l’inflammation : il s’agit des immunomodulateurs, des immunosupresseurs et des anticorps monoclonaux. Jusqu’à présent, ces traitements étaient réservés aux formes évoluant par poussées, mais une molécule actuellement en développement s’avèrerait également efficace dans les formes primaires progressives, pour ralentir la progression du handicap. Une première pour les patients atteints de SEP primaire progressive, qui ne bénéficient pour l’instant d’aucun traitement de fond ? La recherche sur la SEP reste donc très active. De nouvelles cibles thérapeutiques sont en permanence identifiées et testées par les chercheurs, dans l’espoir d’élargir l’arsenal thérapeuthique disponible.

A côté de ces traitements, on trouve les traitements dits symptomatiques, médicamenteux ou non, qui permettent de soulager les symptômes de la SEP une fois qu’ils sont installés. Vient également s’ajouter le traitement des poussées qui consiste en de fortes doses de corticoïdes pour réduire la durée et l’intensité de l’attaque inflammatoire.

Mais si les traitements actuels permettent de ralentir la progression de la sclérose en plaques, ils ne sont en revanche pas capables d’inverser le mécanisme physiopathologique à l’origine de la maladie. Pour cela, il faudrait des traitements qui induisent la formation de nouvelle myéline, afin de remplacer celle détruite. De tels traitements font actuellement l’objet de recherches.

Source : Pause Santé, numéro 72

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