Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

17/08/2017

Hypertension artérielle

hypertension, manuel hattinguais, docteur hattinguais

 

Environ 25% de la population mondiale souffre d’hypertension ou d’une tension trop élevée, ce qui signifie qu’un membre de votre famille ou de votre entourage en souffre probablement, ou vous peut-être ? Commençons par la définition avec le docteur Manuel Hattinguais.

Définition et mesure de la pression artérielle

En général, elle est représentée par deux chiffres : le chiffre du haut correspond à la pression artérielle systolique qui équivaut à la pression artérielle lorsque le cœur se contracte et le chiffre du bas correspond à la pression artérielle diastolique qui équivaut à la pression artérielle lorsque le cœur se relâche ou se remplit (Manuel Hattinguais vous ayant d’ailleurs déjà proposé de découvrir systole et diastole dans un précédent article).

On mesure généralement la pression dans l’artère brachiale située dans votre bras et si la pression est élevée à ce niveau-là, alors elle est probablement élevée dans toutes les artères. Une tension systolique normale se situe entre 90 et 119 mmHg et la diastolique, entre 60 et 79 mmHg. La pré-hypertension, ou plus élevée que la normale, correspond à une pression systolique comprise entre 120 et 139 mmHg et à une pression diastolique comprise entre 80 et 89 mmHg.

Les différents stages de l’hypertension par Manuel Hattinguais

Stade 1 de l’hypertension : pression systolique entre 140 et 159 mmHg, pression diastolique entre 90 et 99 mmHg.

Stade 2 de l’hypertension : pression systolique entre 160 et 179 mmHg, pression diastolique entre 100 et 109 mmHg.

Stade 3 de l’hypertension : pression systolique de plus de 180 mmHg, pression diastolique de plus de 110 mmHg.

Généralement, la pression systolique et diastolique tendent à augmenter ou baisser ensemble, mais ce n’est pas toujours le cas. Vous pouvez quelquefois souffrir d’une hypertension systolique ou diastolique où l’un des chiffres est normal, et l’autre vraiment élevé. C’est ce qu’on appelle une hypertension systolique isolée ou une hypertension diastolique isolée.

Les dangers de l’hypertension

Souffrir d’une tension artérielle élevée est un problème sérieux pour les vaisseaux sanguins car cela provoque une usure des cellules endothéliales qui tapissent l’intérieur des vaisseaux sanguins. Comme un tuyau d’arrosage qui est toujours sous pression élevée, les vaisseaux sanguins peuvent développer à long terme une déchirure et une rupture pouvant conduire à de sérieux problèmes comme un infarctus du myocarde, un anévrisme ou un accident vasculaire cérébral (AVC).

Deux types d’hypertensions

Dans 90% des cas, l’hypertension se produit sans cause sous-jacente clairement identifiable, et c’est ce qu’on désigne comme hypertension primaire ou essentielle, indique Manuel Hattinguais. En d’autres termes, au fil du temps, la pression dans les artères commence à grimper. Des facteurs de risque important ont été identifiés pour l’hypertension primaire, notamment la vieillesse, l’obésité, l’alimentation riche en sel, un style de vie sédentaire. A l’exception de l’âge, tous ces facteurs peuvent être améliorés en modifiant le style de vie, et ces changements peuvent contribuer à réduire l’hypertension.

Dans 10% des cas, une maladie spécifique sous-jacente peut s’avérer être la cause de l’hypertension. C’est ce que l’on appelle l’hypertension secondaire. Par exemple, tout ce qui limite le flux sanguin dans les reins peut provoquer l’hypertension, notamment l’athérosclérose, la vasculite ou la dissection aortique pouvant affecter la circulation sanguine dans le rein. Les reins jouent en effet un rôle important dans la régulation de la pression artérielle. Lorsque le flux sanguin vers les reins est insuffisant, le rein sécrète la rénine, une hormone qui aide les reins à retenir d’avantage d’eau. Cette eau contribue à remplir les artères d’une manière excessive, ce qui provoque des tensions artérielles élevées. D’autres maladies peuvent aussi provoquer une hypertension secondaire, rappelle Manuel Hattinguais. En réalité, la liste est longue. La dysplasie fibromusculaire qui touche les jeunes femmes peut provoquer l’épaississement de la paroi des grosses et moyennes artères. Si l’artère rénale est aussi affectée et limite le flux sanguin vers les reins, cela déclenche davantage de rénine. Il y a également une tumeur qui produit un excès d’aldostérose, et tout comme la rénine, l’excès d’aldostérone conduit à une rétention des fluides.

Une autre manière de s’imaginer l’hypertension est de la classer en deux catégories : hypertension bénigne ou hypertension maligne, indique le docteur Manuel Hattinguais. L’hypertension bénigne correspond à une hypertension de stade 1 ou de stade 2, et généralement elle ne produit pas de symptômes immédiats. L’hypertension maligne est une hypertension très grave de stade 3, et doit être traitée en urgence car elle peut provoquer une augmentation de la pression intracrânienne et des lésions au niveau des organes.

10/08/2017

Toulouse : une piste prometteuse dans la lutte contre le diabète

diabete_bis.jpg

Le rôle de l’apeline

Une équipe médicinale toulousaine, AdipOlab vient de démontrer l’efficacité d’une protéine spécifique dans la lutte contre le diabète : l’apeline. Manuel Hattinguais vous rappelle que cette protéine est synthétisée et sécrétée par les cellules du tissu adipeux et directement en lien avec la régulation du glucose dans l’organisme. L’apeline permettrait en outre de sensibiliser davantage les cellules à l’insuline, indispensable pour réguler le sucre dans le sang.

Des résultats concluants sur l’Homme et la souris

L’équipe toulousaine AdipOlab constituée de l’Institut des maladies métaboliques et cardiovasculaires, de l’Inserm et de l’Université Toulouse III Paul-Sabatier avait démontré l’efficacité d’injections d’apeline pour améliorer l’état d’une souris obèse diabétique au cours de travaux publiés en 2008 dans la revue Cell Metabolism.

9 ans plus tard, en 2017, les tests s’avèrent concluants chez l’Homme également à la suite d’essais cliniques menés au CHU de Toulouse dans le service de diabétologie du docteur Gourdy, indique Manuel Hattinguais. Un premier patient avait reçu, en 2014, des injections d’apeline. Par ailleurs, 16 autres patients en surpoids mais non atteints de diabète avaient quant à eux reçu de l’insuline et de l’apeline en injection à des doses différentes.

Ainsi, le groupe ayant reçu la plus faible dose d’apeline a mieux assimilé le glucose circulant dans le sang. Par ailleurs, les cellules des patients récepteurs d’une dose plus importante ont vu leur sensibilité accrue à l’insuline. Autre constat encourageant : aucun effet secondaire n’a jusqu’alors été détecté. L’apeline a en effet pour particularité d’utiliser la capacité du corps à brûler de l’énergie par le muscle et non pas d’utiliser de substrats énergétiques par le foie.

D’autres essais cliniques sont en cours auprès de neuf patients diabétiques avec des résultats attendus pour la fin de l’année. Une apeline de synthèse sera par ailleurs bientôt mise au point par les industriels pharmaceutiques.

03/08/2017

Un antidote pour lutter contre les overdoses

Le Nalscue vient d’obtenir son autorisation de mise sur le marché des médicamenteux en France. Ce traitement qui se présente sous la forme d’un spray nasal est conçu pour sortir les toxicomanes des états comateux survenus suite à une overdose. Le docteur Manuel Hattinguais rappelle toutefois que son effet antidote n’est que temporaire, et qu’il ne saurait remplacer une prise en charge par le SAMU puis l’hospitalisation.

nalscue, naxolone, spray, médicament, manuel hattinguais

Comment agit le spray ?

Le Nalscue diffuse de manière rapide la Naloxone, une molécule se comportant comme antagoniste aux récepteurs de la morphine en se fixant sur les récepteurs opioïdes. Elle permet ainsi de stopper l’action de la morphine sur ses récepteurs.

Un médicament selon autorisations

Ce spray était déjà commercialisé sur le marché depuis Juillet 2016 mais était soumis à une autorisation temporaire d’utilisation, ou ATU. En effet, ce médicament n’était accessible qu’à travers les centres de soin d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA) disposant d’une pharmacie. Désormais, le Nalscue ne sera plus soumis à cette autorisation temporaire d’utilisation. Toutefois, indique Manuel Hattinguais, les patients concernés devront être porteurs d’une carte spéciale leur permettant l’accès au médicament antidote en urgence. Il sera commercialisé d’ici trois mois sur le territoire français.

Vers une baisse des décès liés aux overdoses ?

L’OEDT (Observatoire européen des drogues et des toxicomanies) annonçait dans son rapport annuel pour 2017, que le nombre de décès par overdose de drogue avait augmenté pour la troisième année consécutive. Ainsi, à titre indicatif, 349 personnes seraient décédées en 2013 des suites d’une surdose de drogue. Cependant, en un an, le dispositif médical a permet de sauver une dizaine de vies. Les professionnels de santé sont donc optimistes quant à l’évolution du nombre de vies sauvées à l’avenir.